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Depuis la passerelle du Vieux Lyon, quand le ciel se teinte de rose et que les toits prennent une couleur de tuile chaude, un étrange dessin découpe la colline : une fine dentelle de métal, plantée juste au-dessus de la basilique. Tu lèves la tête, tu plisses les yeux.

On dirait la Tour Eiffel, mais la Tour Eiffel n’est pas censée être ici. Alors, qu’est-ce que cette Tour Eiffel lyonnaise qui veille en silence sur Lyon ?

Monument technique, curiosité architecturale, ou simple mythe urbain qu’on raconte comme une blague entre deux arrêts de funiculaire ?

Cette tour métallique intrigue, divise, amuse. Certains la trouvent disgracieuse, d’autres ne jurent que par elle, surtout la nuit quand sa structure se découpe comme un dessin au trait sur le ciel noir.

Derrière cette silhouette familière, il y a pourtant une vraie histoire, une part de patrimoine et une bonne dose de légendes, un peu comme pour sa grande cousine parisienne. Entre projet ambitieux, fantasmes de concurrence avec Paris et reconversion en antenne discrète mais indispensable, la réalité de la tour de Fourvière est bien plus nuancée qu’un simple surnom de “copie de la Tour Eiffel”.

En bref 🧭

  • 🗼 La tour métallique de Fourvière est souvent appelée, à tort ou à raison, la Tour Eiffel lyonnaise, mais son histoire et sa fonction sont uniques.
  • 📜 Construite entre 1892 et 1894 par une société privée, elle s’inscrit dans l’élan industriel et technique de la fin du XIXe siècle.
  • 🌉 À l’origine, c’était un belvédère touristique avec restaurant et ascenseur hydraulique, offrant l’une des plus belles vues sur Lyon.
  • 📡 Depuis les années 1950, elle s’est muée en relais radio et télévision, fermée au public mais centrale dans la vie médiatique lyonnaise.
  • 🔍 Son lien avec la Tour Eiffel parisienne est fait d’inspirations architecturales, de comparaisons parfois injustes et de nombreux mythes que la réalité vient bousculer.

La Tour Eiffel lyonnaise entre mythe et réalité : ce que tu vois vraiment depuis la colline

Imagine une fin d’après-midi d’automne. Les feuilles craquent sous les pas, l’odeur légèrement humide des jardins de Fourvière monte du sol, et au détour d’un virage, elle apparaît, presque brutalement : la tour métallique, haute, fine, hérissant le ciel au-dessus des pins.

Beaucoup de visiteurs s’arrêtent là, un peu surpris. Ils s’attendaient à trouver une basilique, une vue, mais pas forcément cet étrange objet de monument industriel, planté au sommet de la ville comme un mât de navire.

À ce moment précis, deux réactions typiques se dessinent. La première : “Oh, la Tour Eiffel lyonnaise !” avec parfois un sourire amusé, presque moqueur.

La seconde, plus silencieuse : une curiosité sincère. Pourquoi cette structure en plein cœur du vieux plateau historique ?

Pourquoi ce choix d’architecture métallique dans un paysage dominé par la pierre blonde des églises et des immeubles anciens ?

Quand la rumeur fait naître un mythe urbain

Dans les conversations de café comme sur les réseaux sociaux, les mêmes histoires circulent. On raconte que Lyon aurait voulu “copier” Paris par jalousie.

Qu’un architecte vexé d’avoir été recalé par Gustave Eiffel aurait décidé de créer sa propre tour. Qu’à une époque, on pouvait monter jusqu’au sommet pour “toiser” la capitale depuis les hauteurs de la colline.

Ces récits font sourire, et ils ont quelque chose de délicieux, comme ces légendes qu’on se transmet pour habiller le quotidien de mystère.

Pourtant, ces mythes en disent beaucoup sur la manière dont une ville se raconte elle-même. En se donnant une “Tour Eiffel maison”, Lyon affirme symboliquement qu’elle compte, qu’elle dialogue avec Paris, qu’elle existe aussi comme grande ville d’histoire et de culture locale.

Même ceux qui n’aiment pas l’esthétique de la tour reconnaissent cette fonction : au fond, elle est devenue un repère mental autant que visuel.

La réalité derrière le surnom “Tour Eiffel lyonnaise”

Ce que tu vois, concrètement, c’est une structure d’environ 85,9 mètres, dont l’allure rappelle le troisième étage de la Tour Eiffel. Oui, il y a une parenté visuelle, et elle n’est pas un hasard.

La fin du XIXe siècle est fascinée par le métal, par la hauteur, par ces défis techniques qui redessinent les villes. Beaucoup de projets, en France et ailleurs, s’inspirent ouvertement de l’ouvrage parisien, qui, à l’époque, symbolise la puissance industrielle du pays.

Mais contrairement aux fantasmes, la tour de Fourvière n’est pas une copie au rabais. C’est une création pensée pour son site, pour cette colline déjà occupée par une basilique splendide.

Là où la Tour Eiffel se dresse dans une plaine urbaine ouverte, ici, la tour métallique s’imbrique dans un relief, se glisse entre les arbres, se fait lanterne technique autant que symbole. La réalité est donc plus subtile : inspirée, oui, imitatrice, non.

Une présence discrète mais obsédante dans le quotidien lyonnais

Du quartier de la Croix-Rousse, on l’aperçoit parfois entre deux immeubles, comme une écharde de fer. Depuis les quais du Rhône, elle se devine derrière la basilique, surtout quand l’air est clair après la pluie.

Pour les habitants, cette présence répétée finit par créer un lien presque intime. Elle devient un repère pour se situer, un signe de retour à la maison quand on rentre en train de Paris et qu’on la devine sur la colline au loin.

Plusieurs Lyonnais racontent ce moment d’enfance très précis : être à l’arrière de la voiture, coincé dans le fameux bouchon du tunnel de Fourvière, et lever les yeux pour chercher la tour à travers le pare-brise. C’est un micro-détail du quotidien, mais il ancre la Tour Eiffel lyonnaise dans la mémoire collective.

Pas besoin d’y monter pour qu’elle fasse partie de ta carte intérieure de la ville.

Entre récit fantasmé et usage très concret comme repère visuel, cette première approche montre une chose : le mythe et la réalité de la tour se mélangent sans cesse, et c’est probablement ce qui la rend si attachante.

Histoire secrète de la tour métallique de Fourvière : de l’ambition à la métamorphose

Pour comprendre comment cette tour est devenue la Tour Eiffel lyonnaise, il faut remonter quelques décennies après l’Exposition universelle de 1889. À cette époque, les villes rivalisent d’audace. Paris a sa grande Dame de fer, pourquoi Lyon n’aurait-elle pas son propre geste architectural, à sa mesure, dans son paysage ?

Cette idée va prendre forme en 1892, sous l’impulsion d’une société privée qui voit dans la colline de Fourvière un lieu idéal pour une attraction nouvelle.

La Société Anonyme de la Tour de Fourvière se lance alors dans un projet un peu fou : ériger une tour de métal sur l’un des points les plus élevés de la ville, juste à côté de la basilique. Ce choix spatial raconte déjà une tension fascinante entre sacré et technique, entre pierre et acier, entre tradition et modernité.

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Une construction qui raconte la fin du XIXe siècle

Entre 1892 et 1894, le chantier se déploie. Dans le bruit du métal qu’on rive et des pierres qu’on taille, la future tour prend forme. Elle repose sur une base de maçonnerie d’environ 7 200 tonnes, un socle massif destiné à stabiliser une forêt de plus de 2 100 éléments métalliques. Le résultat, une fois achevé, est à la fois gracile et puissamment ancré dans le sol.

Cette période est marquée par une foi presque totale dans le progrès technique. Le métal devient le matériau star, celui qui permet des hauteurs inédites, des formes nouvelles.

Dans ce contexte, la tour métallique de Fourvière fonctionne comme une vitrine du savoir-faire local, même si son rayonnement restera plus discret que celui de la Tour Eiffel parisienne. Là encore, la comparaison existe, mais chaque ouvrage a sa propre logique et son propre rôle.

L’inauguration de 1894 : un phare de modernité pour Lyon

Le 3 mai 1894, la tour ouvre officiellement au public. Ce n’est pas seulement un objet technique, c’est un lieu de vie.

On y trouve un restaurant, une terrasse, et surtout un ascenseur hydraulique capable d’emmener une vingtaine de personnes vers un belvédère situé à environ 80 mètres au-dessus du sol. À l’époque, vivre cette ascension est une vraie expérience : la sensation de montée, le vent qui se renforce, la ville qui se déploie par cercles.

Une anecdote souvent racontée par les anciens : des familles entières montaient le dimanche, endimanchées, pour “voir Lyon d’en haut”. Les enfants collaient leur visage contre les grilles, essayaient de repérer la Saône, puis le Rhône, les usines, les cheminées, les gares.

Pour beaucoup, c’était la première fois qu’ils découvraient leur propre ville sous cet angle-là. La tour jouait alors pour Lyon le rôle d’un observatoire populaire, presque démocratique.

Une tour menacée, puis sauvée in extremis

L’histoire aurait pu s’arrêter brutalement pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1943, alors que le métal est une ressource stratégique, l’idée circule de démonter la tour pour récupérer l’acier.

Un arrêté officiels s’en mêle, et la menace se fait concrète. C’est là qu’entre en scène un petit groupe de défenseurs du patrimoine, convaincus que la disparition de la tour serait une mutilation du paysage lyonnais.

Un combat juridique et administratif s’engage. Les arguments vont de la valeur technique de la construction à son rôle déjà bien ancré dans le décor de la ville.

Finalement, l’arrêté de destruction est abrogé en juillet 1943. La tour garde sa place sur la colline. Sans ce moment de résistance discrète, la Tour Eiffel lyonnaise serait aujourd’hui un simple souvenir, raconté à travers quelques photos jaunies.

Ce sauvetage renforce d’ailleurs son statut de patrimoine : une fois qu’un lieu a frôlé la disparition, on le regarde autrement. On comprend mieux ce qu’il incarne, au-delà des jugements esthétiques.

Les grandes étapes de sa vie : du belvédère au relais média

Pour t’aider à visualiser le parcours de la tour, voici un petit résumé chronologique.

📅 Période ⚙️ Fonction principale 🏙️ Rôle dans la vie lyonnaise
1892, 1894 Construction de la tour métallique Affirmation d’une modernité industrielle à Lyon 🏗️
1894, années 1930 Belvédère touristique avec restaurant et ascenseur Sortie dominicale, panorama sur la ville, fierté locale 👨‍👩‍👧‍👦
1943 Menace de démontage pour récupérer le métal Mobilisation pour préserver le monument 🛡️
Années 1950 Transformation en relais radio-télévision Intégration au paysage médiatique de Lyon 📡
1963 Fermeture définitive au public Lieu inaccessible mais omniprésent visuellement 🚫

En regardant ce parcours, tu vois comment cette construction est passée d’un lieu où l’on montait pour voir la ville à un dispositif technique qui relie les Lyonnais entre eux par les ondes. Une autre forme de panorama, plus invisible mais tout aussi réelle.

Architecture et symbolique : pourquoi la Tour Eiffel lyonnaise fascine autant

Si cette tour continue de hanter les regards et les conversations, ce n’est pas seulement parce qu’elle ressemble à la Tour Eiffel. C’est aussi parce que son architecture raconte une tension profonde entre deux imaginaires : celui de la basilique et celui du métal, celui du spirituel et celui de la technique.

Sur la colline de Fourvière, ces deux univers coexistent dans quelques dizaines de mètres.

En levant les yeux, tu peux passer en une seconde de l’austère blancheur sculptée de la basilique à la géométrie ajourée de la tour. Cette cohabitation, unique à Lyon, donne à la ville un visage singulier, où la foi, la science, la tradition et le progrès dialoguent sans vraiment se fondre.

Une dentelle de fer pensée pour la hauteur

Inspirée du troisième étage de la Tour Eiffel, la tour métallique de Fourvière joue elle aussi sur la transparence et la légèreté apparente. Les 2 100 fermes métalliques qui la composent créent un motif répété, presque hypnotique, surtout quand tu t’en approches par les petits chemins qui traversent les jardins.

Vu de près, ce qui semblait une simple flèche devient une sorte de cage graphique, où l’œil peut se perdre.

La structure ne cherche pas à être décorative comme un clocher baroque. Elle assume son langage industriel : rivets, poutrelles, croisillons.

Dans un monde contemporain où l’on s’intéresse de plus en plus à l’architecture industrielle comme partie intégrante du patrimoine, cette tour trouve une nouvelle reconnaissance. Ce qui était jadis perçu comme “trop moderne” devient un témoignage précieux d’une époque d’audace.

Paris, Lyon : une conversation à distance

Comparer la tour de Fourvière à la Tour Eiffel, c’est inévitable. Mais plutôt que de fantasmer un duel, on peut y voir une sorte de conversation symbolique.

Paris affiche au bord de la Seine une tour de plus de 300 mètres, conçue pour être la vedette d’une Exposition universelle. Lyon, de son côté, installe une tour plus modeste, mais en position dominante, sur une colline qui domine toute l’agglomération.

Dans les deux cas, le métal devient le langage d’un pays qui veut montrer sa force d’innovation. Pourtant, chacune garde sa singularité.

La Tour Eiffel lyonnaise n’a jamais cherché à rivaliser sur le nombre de visiteurs ou la notoriété mondiale. Elle s’inscrit plutôt dans une forme de fierté locale, celle d’une ville qui assume son identité sans se dissoudre dans l’ombre de la capitale.

Un monument controversé, puis adopté

Comme à Paris pour la Tour Eiffel, les débuts de la tour de Fourvière ne sont pas exempts de critiques. Certains Lyonnais trouvent la structure trop rigide, trop industrielle, presque agressive face à la basilique.

On la traite de “chirurgie métallique”, de “machin planté au mauvais endroit”. Ces réactions montrent à quel point le paysage urbain est un sujet sensible : ajouter une nouvelle silhouette, c’est toucher à l’image que chacun a de sa ville.

Avec le temps, pourtant, quelque chose se transforme. À force d’être là, d’apparaître sur les photos de famille, sur les cartes postales, dans les séries tournées à Lyon, la tour métallique entre dans le cercle des évidences.

On ne se demande plus si elle “va avec” la colline : elle fait partie de la colline. C’est souvent ainsi que les monuments modernes deviennent du patrimoine : non pas en cherchant à plaire à tout le monde, mais en traversant les décennies sans céder.

Un repère fort dans la culture locale

Dans la culture locale, la tour de Fourvière apparaît parfois de manière discrète mais insistante. Elle se glisse dans un générique de documentaire, dans le décor d’un téléfilm policier, dans un plan furtif de drone qui survole Lyon. Elle raconte immédiatement où on se trouve, comme un code visuel compris sans explication.

Lors de certaines fêtes ou événements, sa silhouette se détache avec une intensité particulière. Par exemple, quand la ville est plongée dans les installations lumineuses de la Fête des Lumières, la colline de Fourvière devient un véritable théâtre.

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Même si la tour n’est pas toujours l’actrice principale, elle reste en arrière-plan, comme un mât de navire qui garde le cap pendant que la ville célèbre.

Cette dimension à la fois discrète et structurante est peut-être ce qui définit le mieux la réalité de la Tour Eiffel lyonnaise : un point fixe dans un paysage qui change, un signe que l’on ne remarque plus toujours consciemment, mais qui continue de nous orienter.

Conseils pratiques pour approcher la Tour Eiffel lyonnaise sans la consommer

Tu te demandes comment vivre cette tour autrement que comme un simple “à voir” sur une liste touristique ? Même si elle est fermée au public depuis les années 1960, la Tour Eiffel lyonnaise peut se découvrir de manière sensible, en prenant le temps de marcher, de respirer et d’observer.

L’idée n’est pas de cocher un monument, mais de te laisser imprégner par ce qu’elle raconte de Lyon, de son relief, de son atmosphère.

Les abords de la colline de Fourvière offrent justement une belle occasion de ce type de rencontre : une marche lente, quelques pauses en belvédère, un détour par les petites rues pavées, et la tour apparaît, disparaît, se recadre dans le paysage à chaque angle.

Itinéraires et points de vue à privilégier

Pour approcher la tour, tu peux partir du Vieux Lyon, près de la cathédrale Saint-Jean. En prenant le funiculaire, le fameux “ficelle”, la montée est déjà une expérience.

À la sortie, en direction de la basilique, il suffit de contourner le bâtiment par les jardins pour voir apparaître la tour métallique derrière les arbres. En fin de journée, la lumière glisse sur sa structure et la rend presque dorée.

Un itinéraire à pied permet une autre approche. En montant par les jardins du Rosaire ou par les escaliers qui serpentent depuis Saint-Paul, tu passes progressivement de la ville dense aux senteurs de sous-bois. À mesure que tu grimpes, la tour se dévoile par fragments : un sommet, une base, un angle. Ce jeu de cache-cache visuel est une belle manière de la découvrir sans précipitation.

Budget, accès et astuces concrètes 💶🚇

Bonne nouvelle : tu n’as pas besoin de budget spécifique pour découvrir la Tour Eiffel lyonnaise. Même si l’accès intérieur est fermé, les alentours sont accessibles librement. voici quelques repères utiles :

  • 🚇 Transports : funiculaire depuis le Vieux Lyon (tarif TCL classique), ou montée à pied par les escaliers et sentiers.
  • 💶 Budget : balade gratuite, seuls les déplacements en transport en commun ou un café en terrasse en bas de la colline entrent en compte.
  • 🕒 Période idéale : fin de journée au printemps ou en automne, pour la lumière douce et les couleurs sur la ville.
  • 📷 Photo : meilleurs points de vue depuis les jardins près de la basilique ou certains belvédères côté Saône.

Une astuce toute simple : emmener un carnet ou juste ton téléphone en mode notes. Prendre quelques instants pour décrire ce que tu vois, ce que tu entends, l’odeur de la terre après la pluie, la sensation du vent près de la tour. Ce petit geste transforme la visite en expérience, plutôt qu’en simple arrêt photo.

Voyager plus juste autour de la tour

Approcher un monument comme celui-ci, c’est aussi l’occasion de voyager plus doucement. Tu peux, par exemple, t’arrêter dans un café du Vieux Lyon au retour et discuter avec les habitants.

Beaucoup ont une anecdote sur la tour : un grand-parent qui y est monté avant sa fermeture, un souvenir d’émission de télévision dont on voyait la silhouette en arrière-plan, une balade d’enfance sur la colline.

En prêtant attention à ces récits, tu t’ancres dans la culture locale. La réalité de la Tour Eiffel lyonnaise n’est pas seulement faite de chiffres et de dates, mais aussi de ces petites histoires partagées autour d’un verre ou d’un plat dans un bouchon. C’est là que le patrimoine prend une dimension vraiment vivante.

Pour aller plus loin : médias et ressources

Si tu as envie de prolonger la découverte, plusieurs ressources peuvent t’aider à replacer la tour de Fourvière dans un contexte plus large, celui des grandes structures métalliques françaises et de leur évolution.

Eiffel Tower, Story Of An Incredible Bet

Une vidéo bien faite sur l’histoire de la tour et de la colline permet de mieux comprendre le rôle de ce sommet dans l’identité de Lyon. Tu peux aussi t’intéresser aux nombreux contenus consacrés à la Tour Eiffel parisienne, notamment ceux qui démêlent mythe et réalité autour de Gustave Eiffel, de la rentabilité du monument ou de sa protection.

Comment la SCIENCE a sauvé la TOUR EIFFEL ?

Mettre en regard ces deux tours, l’une hyper visitée, l’autre invisible de l’intérieur mais omniprésente dans le paysage, c’est une manière de questionner ta propre façon de voyager : a-t-on besoin de monter au sommet pour comprendre un lieu ? Ou suffit-il parfois de le regarder autrement, de loin, et de l’écouter parler ?

Entre légendes urbaines et questions d’aujourd’hui : ce que la Tour Eiffel lyonnaise continue de nous dire

Au-delà de son allure et de son rôle technique, la Tour Eiffel lyonnaise pose une série de questions très actuelles. Que fait-on de ces grandes structures héritées de la Belle Époque ?

Comment les penser dans une époque marquée par les enjeux environnementaux, les nouveaux usages numériques, les débats sur la place du patrimoine dans la ville ? La tour de Fourvière, silencieuse et fermée au public, devient un miroir pour ces interrogations.

En la regardant depuis la ville, tu observes autant un vestige du passé qu’un acteur discret du présent, puisque ses antennes continuent de porter des signaux, des voix, des images qui façonnent le quotidien lyonnais.

Les légendes qui persistent… et ce qu’elles révèlent

Malgré les informations disponibles, certaines idées continuent de circuler. On entend encore dire qu’elle serait “plus haute que la Tour Eiffel grâce à son altitude”, ou qu’elle aurait été construite uniquement pour rivaliser avec Paris.

Ces exagérations font sourire, mais elles illustrent un besoin : celui d’attribuer une signification forte à un objet qui peut sembler, au premier regard, purement fonctionnel.

Ces mythes permettent de colorer la réalité, de la rendre plus épique. En les écoutant, tu peux remonter à ce qui se joue en profondeur : la fierté d’appartenir à une ville, l’envie d’avoir sa propre icône, la peur de voir disparaître ce qui a fait un jour sensation.

Même si l’on sait que la tour a été pensée aussi comme un projet économique et technique, le récit autour d’elle échappe peu à peu à ses initiateurs pour devenir une histoire collective.

La réalité technique actuelle : une tour toujours en activité

Aujourd’hui, la tour métallique n’est plus un belvédère, mais un véritable nœud de communication. Elle sert de relais radio et télévision, avec des antennes qui se greffent à sa structure.

On pourrait croire qu’elle ne fait plus que “supporter” des équipements, mais ce serait oublier qu’elle a été pensée pour cela avant même l’ère des écrans, comme une structure haute, visible de loin, idéale pour porter des signaux.

Cette reconversion lui a offert une nouvelle vie. Plutôt que de rester figée dans son rôle du XIXe siècle, elle s’est adaptée aux besoins d’un XXe puis d’un XXIe siècle connectés. Sa réalité contemporaine est donc double : vestige historique d’une époque fascinée par le métal, et outil bien vivant dans un paysage médiatique en constante évolution.

Un laboratoire pour penser le patrimoine autrement

Le cas de la Tour Eiffel lyonnaise interroge aussi notre manière de gérer le patrimoine. Faut-il forcément ouvrir un monument au public pour le valoriser ?

Peut-on reconnaître la valeur d’une architecture même lorsqu’elle n’est pas “instagrammable” de l’intérieur ? À Lyon, la tour de Fourvière rappelle qu’un site peut être central dans la mémoire locale sans être physiquement accessible.

Pour un voyageur, cette situation oblige à changer de posture. Plutôt que de chercher l’ascension à tout prix, tu peux choisir de l’aborder comme un repère à observer depuis différents quartiers, comme un fil rouge qui relie tes déplacements.

En faisant cela, tu touches à une autre manière de voyager, plus contemplative, plus respectueuse, où l’on accepte que tout ne se résume pas à une vue ou à une photo depuis le sommet.

La Tour Eiffel lyonnaise, entre mythe, histoire et réalité technique, devient alors bien plus qu’une curiosité : un outil pour réapprendre à regarder une ville autrement.

Peut-on encore monter dans la tour Eiffel lyonnaise à Fourvière ?

Non, la tour métallique de Fourvière est fermée au public depuis les années 1960. Elle sert aujourd’hui de relais radio et télévision. On peut cependant l’observer de très près en se promenant autour de la basilique et dans les jardins voisins, ce qui offre déjà une belle expérience visuelle.

Pourquoi la tour de Fourvière est-elle surnommée Tour Eiffel lyonnaise ?

Ce surnom vient de sa ressemblance avec la Tour Eiffel, notamment avec le troisième étage de la tour parisienne qui a inspiré son architecture. Construite à la fin du XIXe siècle, à la même époque que la grande Dame de fer, elle s’inscrit dans le même élan industriel et technique, même si son histoire et sa fonction restent très différentes.

Où se trouve le meilleur point de vue sur la tour métallique de Lyon ?

Les meilleurs points de vue se situent autour de la basilique de Fourvière, notamment dans les jardins en contrebas et vers les belvédères côté Saône. Depuis certains endroits de la Croix-Rousse, on peut aussi apercevoir la tour se détacher sur la colline, ce qui permet de l’intégrer dans un panorama plus large de la ville.

La tour Eiffel lyonnaise est-elle réellement une copie de la tour Eiffel de Paris ?

Elle n’est pas une copie au sens strict, mais une structure inspirée par l’esthétique et les techniques de la Tour Eiffel. Sa hauteur, son implantation sur la colline de Fourvière et sa vocation initiale de belvédère en font un projet à part entière, adapté au paysage et aux besoins de Lyon plutôt qu’un simple doublon provincial de la tour parisienne.